Bio-déchets et recyclage : L’Europe enterre un peu plus les perspectives d’un incinérateur

268 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Au terme de 18h de négociations, les Etats membres et le Parlement européen sont parvenus à un accord la nuit dernière sur la révision de plusieurs directives européennes en lien avec la gestion des déchets et l’économie circulaire.

Ce "paquet", comme on l’appelle dans le jargon européen, confirme les objectifs de recyclage à la hausse et l’obligation de tri des bio-déchets.

Ainsi, la collecte des bio-déchets [1] sera obligatoire dès 2023, au lieu de 2025. Ces bio-déchets représentent aujourd’hui un peu plus d’1/3 du poids de nos poubelles grises.
Dans ce même "paquet" est affirmé l’objectif de recycler 65% des déchets en 2035.

Tout ceci s’ajoutent aux décisions annoncées ou déjà prise à l’échelle nationale : généralisation de la tarification incitative en 2025 et recyclage de 100% des plastiques avant 2022.

Les perspectives de réduction des déchets sont donc très fortes, bien plus fortes que les projections du SDEDA sur lesquelles repose le projet d’incinérateur. Rappelons que le SDEDA tablait en 2012 sur une production d’OMR [2] de 93 000 tonnes pour un incinérateur en fonctionnement en 2021. En 2016, la production d’OMR n’était déjà plus que de 81 000 tonnes, 5 ans avant la mise en service éventuelle du projet.

Quelle quantité restera-t-il en 2021 pour faire tourner l’incinérateur ?
Quelle quantité restera-t-il une fois la collecte des bio-déchets et la TI mises en place ?

Ces perspectives montrent que le projet d’incinérateur est, si ce n’est inutile, au moins très largement surdimensionné.

A lire : Le communiqué de Zéro Waste

Notes

[1L’ensemble des déchets fermentescibles : restes des repas, marc de café...

[2Ordures Ménagères Résiduelles