Est-Eclair du 19 mai : A quand la fin de l’enfouissement des poubelles ?

413 lecteurs | par Le bureau - Aube Durable

Publié ce samedi 19 mai, cet article de l’Est-Eclair revient sur l’avenir des centres d’enfouissement d’ordures ménagères.

Notre analyse

L’enfouissement comme l’incinération sont deux solutions de gestion des déchets à éviter. Toutes les deux se situent d’ailleurs aux échelons les plus bas de la hiérarchie de traitement des déchets [1]. Toutes les deux conduisent en effet, si on les utilise au-delà du bon sens, à éliminer des matières recyclables, à brûler des ressources compostables ou méthanisables ; bref à dilapider de précieuses ressources naturelles.

Ce postulat initial, que rappelle parfaitement cet article, doit naturellement nous conduire à réduire les déchets. C’est tout l’enjeu du débat qui s’est tenu autour du projet d’incinérateur. C’est aussi par la réduction des déchets que nous pourrons parvenir non seulement à moins enfouir mais aussi à éviter, tant que faire ce peut, le recours à l’incinération.

Mais, nous nous y trompons pas, contrairement à ce qu’on a pu entendre ces dernières semaines, nous aurons encore recours à l’enfouissement. L’article rappelle d’ailleurs fort justement des éléments essentiels. D’une part, la loi ne prévoit pas l’interdiction de l’enfouissement mais sa réduction de 50 %. Un programme de réduction des déchets peut parfaitement suffire à respecter cet objectif.
D’autre part, notre département continuera, incinérateur ou pas, à enfouir des dizaines de milliers de tonnes de déchets par an, notamment des déchets économiques comme des gravats. Le scénario du département maintient, malgré l’incinérateur, l’enfouissement de près de 100 000 tonnes de déchets chaque année dont la majeur partie provient de l’activité économique. A cet égard, la question des ordures ménagères ne représente que la partie émergée de l’iceberg des déchets.
Il convient également de rappeler que l’incinération produit des déchets à enfouir, environ un tiers de la quantité totale incinérée. Mâchefers et Refioms constituent des déchets ultimes dangereux qu’il faut, au bout du compte, enfouir dans des conditions parfois délicates pour l’environnement.

La question des prochaines années n’est donc pas de savoir s’il faut mettre fin à l’enfouissement. Aucune personne ne peut raisonnablement penser qu’un tel objectif est possible, encore moins que l’incinération permettrait de l’atteindre.
La question n’est même pas de savoir s’il faut ou non réduire l’enfouissement. C’est en soit une évidence et c’est, en partie, par cela qu’on mesurera l’efficacité des politiques menées.
La question centrale que pose en filigrane cet article est, en vérité, celle de la préservation des ressources naturelles.
A cette question, la hiérarchie de traitement des déchets apporte la réponse la plus aboutie. Ce n’est évidemment ni en les brûlant, ni en les enfouissant que l’on préservera ces ressources mais bien en réduisant nos déchets, en optimisant le tri, en compostant et en méthanisant.
Ce sont donc bien ces éléments qui doivent être privilégiés par les politiques publiques. Ce faisant, l’enfouissement se réduira et l’incinération n’aura aucune raison d’être.

Notes

[1La réglementation française et européenne fixe une hiérarchie de traitement des déchets dans laquelle l’incinération et l’enfouissement constituent respectivement l’avant dernier et le dernier échelon. Les mesures à privilégierpour traiter nos déchets sont la prévention, la ré-utilisation, la réduction et le recyclage