Est-Eclair du 6 septembre : Les poubelles grises se réduisent dans l’Aube

315 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Publié ce 6 septembre, cet article de l’Est-Eclair dresse un 1er bilan de la production des déchets pour l’année 2017. Principal enseignement : la réduction des déchets s’amplifie.

Notre analyse

La réduction de la poubelle grise de 3.39% (environ 78000 tonnes d’OMR) sur un an est un signal très encourageant. Ce sont presque 3 000 tonnes qui ont été détournées de l’enfouissement, essentiellement par l’action individuelle des citoyens.

Cette baisse est la preuve, par l’exemple, que l’on peut atteindre les objectifs fixés par la loi (réduction de 50% de l’enfouissement, augmentation du recyclage) sans passer par l’incinération. Car, à l’exception du SIEDTMO qui a mis en place la tarification incitative, aucune collectivité n’a pour le moment actionné les leviers les plus efficaces en terme de réduction (collecte des bio-déchets, tarification incitative).

Autrement dit, sans rien faire (ou presque), le département parvient à atteindre les objectifs (très peu ambitieux) qu’il s’était fixé. Nous vous laissons imaginer ce qu’il en serait advenu si la volonté politique avait été au rendez-vous.

Prenons un peu de hauteur

En élargissant la focale, on mesure qu’en seulement 6 ans, le département est parvenu à réduire de 12 000 tonnes la quantité d’OMR. Si nous prolongeons simplement cette tendance, nous devrions parvenir à 60 000 tonnes d’OMR en 2026 ; soit l’exact capacité du projet d’incinérateur. Cela signifie que sans rien faire, ne nous produirons sans doute plus assez d’OMR en 2027 pour alimenter l’incinérateur, à peine 5 ans après sa mise en service !

Evidemment, chacun peut comprendre ce qu’il adviendra le jour où, par volonté politique ou par la contrainte réglementaire, nous devrons mettre en place les mesures nécessaire à la baisse des déchets. Nous serons alors dans un dilemme avec d’un côté un incinérateur qu’il faudra remplir pour en limiter le coût, et de l’autre une fiscalité qui pénalisera de plus en plus l’incinération. Dans tous les cas, les collectivités s’attachent, si le projet d’incinérateur voit le jour, un véritable boulet fiscal au pied.

La région manquera-t-elle d’incinérateurs en 2035 ?

La présidente du SDEDA, face à cette réalité, change aujourd’hui son fusil d’épaule et explique ici que la région manquera d’ici 2035 "d’unités de traitement". Nous pouvons faire sur ce nouvel argument plusieurs remarques.
- D’abord, cet argument change en profondeur la nature du projet. Initialement prévu pour traiter les ordures ménagères du département, l’incinérateur serait, selon la présidente du SDEDA désormais voués à traiter une partie des ordures de la région Grand Est. Ce n’est plus du tout l’objet initial pensé il y a 10 ans. Et c’est, en quelque sorte, une remise en cause de l’ensemble des arguments qui ont poussé les élus à accepter ce projet. Une telle modification de la nature de l’installation nécessite donc de reprendre le processus décisionnaire.
- Ensuite, l’hypothèse que la région manquerait d’incinérateurs ne suffit pas à justifier la construction du projet troyen. En effet, Valaubia ne représenterait que 5% de l’ensemble des capacités d’incinération du Grand Est. Sa construction n’interviendrait que d’une façon très marginale dans l’ensemble du parc et n’aurait qu’une influence insignifiante sur les capacités de traitement nécessaires.
- De plus, sauf à imaginer une autoroute d’ordures ménagères de l’Alsace à l’Aube, la position excentrée de notre département ne permet pas de faire de l’Aube l’exutoire des déchets des Strasbourgeois ou des Messins. Ce serait une parfaite aberration écologique.
- Pour conclure, ce n’est donc pas l’incinérateur troyen (5% de la capacité totale du Grand Est) qui permettra de répondre à la question des déchets de la région mais la mise en place d’un plan de prévention et de réduction des déchets. L’impact d’un plan de réduction sur les tonnages globaux à traiter serait infiniment plus important que les 5% de capacité apportés par le projet Valaubia.