La plainte en diffamation retirée (Est-Eclair du 13 et 14 novembre 2018)

100 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Un communiqué du SDEDA et un article reviennent sur le retrait de la plainte du SDEDA contre 13 citoyens. Une décision qui, si elle doit être saluée, laisse plusieurs questions en suspens sur la manière surprenante d’agir de ce syndicat.

L’encart publicitaire acheté par le SDEDA

L’article de presse

Notre analyse

Il faut d’abord saluer cette décision du SDEDA qui marque le retour à la raison d’une direction qui, semble-t-il, avait agit dans cette affaire d’une manière parfaitement irrationnelle.
Il reste hélas, dans la forme que prend ce retrait, des motifs d’étonnement qui, de nouveau, posent des questions sur le mode de gouvernance du SDEDA.
Affirmer d’abord que « Les auteurs de ce courrier [se sont] engagés pour leur part à ne plus tenir de propos diffamatoires  » est une manière pour le moins maladroite de considérer cette affaire et la justice. Car l’implicite de cette formule laisse ici entendre que le caractère diffamatoire serait établi. Ce n’est évidemment pas le cas. L’affaire n’ayant pas été jugée, le principe de présomption d’innocence étant ce qu’il est, ni le SDEDA, ni les ex-prévenus, ni notre association, sauf à s’arroger une compétence judiciaire, que nous n’avons pas, ne pouvons dire si ce courrier était ou non diffamatoire.

Compte tenu de ce que nous en savons, il y a tout lieu de penser que ce caractère diffamatoire avait peu de chance d’être retenu par la justice [1]. C’est d’ailleurs, pour dire les choses telles que nous les pensons, cette probabilité très forte pour le SDEDA d’être débouté qui, en premier lieu, explique le retrait de la plainte. Et c’est, redisons-le encore une fois, la marque du retour à la raison.

Le second élément qui interpelle concerne la méthode de communication employée. Le SDEDA a ici acheté une page de publicité, au frais du contribuable, pour communiquer sur le retrait d’une plainte qui, il faut bien le reconnaître, ne constitue pas une information de premier plan ou un objet nécessitant ce genre de pratiques. Ce faisant, le SDEDA s’exonère du travail critique des journalistes et de la prise de distance nécessaire pour comprendre ce dernier rebondissement. La méthode si elle est parfaitement légale interroge. Elle laisse le sentiment que le syndicat a voulu, une dernière fois, humilier les 13 citoyens accusés. Elle laisse aussi l’impression que, par sa gouvernance et les décisions récentes prises (notamment autour de cette plainte), ce syndicat serait à la fois au-dessus de la justice et au-dessus des critiques nécessaires à l’exercice de la démocratie.
Enfin, la dernière phrase : « En ce qui concerne l’UVE, nous […] sommes toujours disponibles pour échanger sur ce dossier. ». Nous la prenons, sans jeu de mots, au pied de la lettre et demandons, pour relancer l’échange, un geste de bonne volonté du SDEDA à travers la suspension des travaux.

Notes

[1Mais en la matière, cela ne demeure qu’une analyse et non une vérité