Douche froide pour le SDEDA : La réforme sur la fiscalité sur les incinérateurs adoptée.

3 | 519 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Décidément, les mauvaises nouvelles s’amoncellent autour de l’incinérateur de La Chapelle Saint Luc. Après l’avis du CESER demandant un moratoire sur ce projet, le gouvernement vient d’adopter, dans le cadre de la loi de finance 2019, une trajectoire fiscale très nettement défavorable à l’incinération.

En cohérence avec la feuille de route sur l’économie circulaire, publiée en avril 2018, la TGAP sur l’incinération augmentera progressivement dans les prochaines années. Evidemment, le projet aubois sera directement impacté, car selon Zéro Waste France qui a soutenu cette réforme : «  Cette hausse touche également les usines d’incinération faisant de la valorisation énergétique, décision importante et cohérente à l’heure où certaines collectivités et industriels du secteur considèrent à tort l’incinération comme une technologie « “circulaire” ». Et d’ajouter : « Le signal envoyé aux collectivités locales, aux entreprises productrices de déchets et aux exploitants de décharges et d’incinérateurs est donc très clair : il est temps d’investir dans les solutions permettant la réduction des déchets à la source, le tri et le recyclage.  »

Les conséquences du choix de l’incinération, si celui-ci n’est pas stoppé dans les prochains mois, seront donc lourdes. Le coût annoncé, comme une promesse, de 108€/tonne est d’ores et déjà à ranger au rayon des souvenirs. La facture sera plus salée et risque de s’envoler à mesure que la contrainte écologique grandira et nécessitera de soutenir le tri plutôt que l’incinération.
L’impasse de 40 ans (durée de vie de l’installation) dans laquelle nous place ce projet risque donc de se révéler extrêmement coûteuse pour les contribuables qui, in fine, devront payer la facture. D’autant plus coûteuse que ce choix local, à rebours de toutes les récentes préconisations, freinera vraisemblablement les programmes de réduction qui eux, bénéficient dans cette loi et bénéficieront d’un soutien fiscal de plus en plus fort.

Il est donc plus que jamais nécessaire, au regard de ces éléments qui s’accumulent chaque semaine, de stopper les travaux et de reposer sereinement l’utilité de ce projet.