Grand Débat National à Troyes : le compte-rendu "Déchets"

189 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Conformément à notre engagement, nous publions le compte-rendu du débat organisé par notre association autour du thème du transport.

Avertissement.

Le compte-rendu ci-dessous se veut exhaustif et il tente de rendre compte le plus fidèlement possible de ce qui a été dit. Cependant, la traduction, par les secrétaires, peut parfois ne pas correspondre finalement à ce que voulaient vraiment dire les intervenants.
Il est à noter la parité quasi-parfaite dans les échanges : 31 interventions féminines contre 30 interventions masculines

19h55 : présentation par Pascal Houplon du 3e thème : les déchets

Constat : Pour ce dernier débat, consacré aux déchets je voulais partir de situations que nous connaissons tous.
Madame, par exemple, vous payez votre eau en fonction de ce que vous consommez.
Ce qui vous pousse à fermer le robinet lorsque vous sortez de la salle de bain ou à dire à vos proches de le faire.
A cet égard, vous êtes incitée à faire attention à votre consommation d’eau, si ce n’est parce que vous êtes écolos, au moins pour ne pas payer trop cher cette facture !
Et ce système est plutôt juste.
Monsieur, pour votre électricité, vous payez également en fonction de ce que vous consommez. Vous faites attention à éteindre les lumières, à mettre des ampoules éco parce que vous savez que votre geste, non seulement est bon pour la planète mais aussi qu’il vous fera gagner de l’argent (fin du monde / fin du mois).
Imaginez demain, si nous devions payer ces factures, non pas en fonction de ce que nous consommons, mais en fonction de la valeur de notre logement.
Madame pourrait laisser son robinet couler et la porte de son frigo ouverte, elle paierait peut être moins que monsieur parce que la valeur de son logement serait inférieure.
Un tel système de facturation, vous l’imaginez, conduirait au gaspillage. Puisqu’il n’y aurait aucune raison d’être vertueux, rien à y gagner d’être économe et écolo…
Et bien, ce système de facturation totalement injuste et inéquitable, coûteux, inefficace et non-écolo, il existe, c’est comme cela que nous payons nos ordures ménagères.
Notre facture que nous réglons chaque année, est fixée en fonction de la valeur locative de notre logement.
Que vous triez ou pas, cela ne change absolument rien à ce que vous payez.
Madame peut parfaitement trier ses OMR, composter au fond de son jardin elle paiera peut-être plus que monsieur qui ne fait aucun effort.
C’est donc un système qui n’incite pas au tri, qui ne permet pas la réduction des déchets, qui ne récompense pas les bons comportements et qui ne responsabilise personne.

Comment changer cela ?
Comment, cette notre question, permettre à ce que le tri des déchets se fasse mieux ?
Comment réduire nos déchets ?
Comment faire en sorte que le traitement des déchets soit une source d’économie pour nous tous ?

Question d’Aube durable (pour lancer le débat) : « Comment améliorer le tri des déchets et faire en sorte que cela soit une source d’économie pour tous ? »

19h58 : début des interventions des participants

• 1er intervenant (). : C’est à l’État de faire en sorte que les entreprises abandonnent le suremballage, y en a marre de culpabiliser les gens. Comment l’y obliger ?
• Autre intervenant () : Aller à la déchetterie, c’est contraignant.
Proposition : obtenir de la municipalité qu’elle ramasse les encombrants, comme cela se fait souvent ailleurs.
• Autre intervenant () : La meilleure solution pour réduire les déchets, c’est de ne plus en produire. Il faut revaloriser, réemployer, recycler.
Proposition : réintroduire la consigne pour le verre (comme en Allemagne), ramasser les déchets organiques, mettre des composts à la disposition des habitants
• Autre intervenant () : Plein de gens ne peuvent pas échapper à la consommation de masse
Proposition : mettre en place un bonus pour les gens qui font de vrais efforts dans la réduction de leurs déchets
• Autre intervenant () : Je suis pour la consigne du verre, la taxation des suremballages
Proposition : mise en place d’un bonus pour ceux qui choisissent le vrac
• Autre intervenant (). : La redevance incitative peut entraîner de l’incivisme et des décharges sauvages

Cette affirmation est inexacte : toutes les études réalisées pour le suivi de la mise en place de la taxe incitative en France montrent que, si dans un premier temps on constate parfois des actes d’incivisme et l’apparition de décharges sauvages, les réactions des municipalités ou des citoyens amènent à leur disparition dans les six mois qui suivent.

• Autre intervenant (F). : A Vendeuvre, le système à puce a été abandonné parce que trop dur à mettre en place

Surpris par cette affirmation, nous avons contacté le Syndicat Intercommunal d’élimination des Déchets Ménagers du Territoire d’Orient (SIEDMTO) à Vendeuvre : la décision de mettre en place la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères Incitative, adoptée par un vote du 12 octobre 2016, n’a jamais été remise en cause et le montant de cette taxe pour chaque foyer est bien basée sur notamment la quantité de déchets produite par chaque foyer déterminée au poids à chaque fois que le bac équipé d’une puce informatique est collecté.

• Autre intervenant () : A Troyes, il faudrait que les déchets verts soient ramassés
• Autre intervenant (). : Localement, il existe une association caritative (« Bouchons d’amour ») qui récupère les bouchons de plastique en éthylène des bouteilles, mais qui rencontre des difficultés depuis que Chazelle s’est fait court-circuiter par la Coved (basée à côté de l’incinérateur de la Veuve, dans la Marne) ce qui d’une part a entrainé le licenciement de 30 personnes et d’autre part voit l’association ne plus pouvoir revendre les gros bouchons et revendre les autres à un prix dérisoire
• Autre intervenant () : Il faut lier tri et gratuité des transports
• Autre intervenant () : Il faut taxer les suremballages, surtout les non recyclables
• Autre intervenant () : Il faut suivre l’exemple allemand. Pour les déchets organiques, ça peut être facile à mettre en place
Proposition : baisser la TVA sur le vrac, supprimer les tickets de caisse
• Autre intervenant () : Il faut interdire les emballages non recyclables, créer des centrales de bio déchets, favoriser le vrac
• Autre intervenant : une représentante de l’association « Zéro déchet » de Troyes (F).
Proposition : préconise le recyclage obligatoire pour les entreprises, l’écoconception, l’économie circulaire
• Autre intervenant () : Il faut faire payer la production de déchets
• Autre intervenant () : Tout passe par l’éducation
Proposition : il faut faire baisser les taxes pour les entreprises qui suivent la norme ISO 14001.
• Autre intervenant () : Il existe un projet de TVA circulaire favorisant les entreprises qui font des efforts (cf Fondation 2019)
• Autre intervenant () : Pour la réduction des déchets, on peut aider l’association « Nourrissez les gilets jaunes ! » qui prône une consommation solidaire et écologique
• Autre intervenant () : Ce qui est rageant, c’est que plus on trie, plus on paye. De même, on paye les produits en vrac plus chers que les produits suremballés.

20h30 : fin des débats, remerciements des organisateurs pour l’excellente tenue des débats et annonce du prochain débat organisé par Aube durable sur la démocratie, le 8 Mars, salle Victor Hugo à La Chapelle St. Luc, 18h30

Les propositions du cahier mis à disposition

• Taxer les emballages.
• Diminuer la TVA sur le vrac.
• Généraliser la collecte des déchets verts
- compost pour produire de la nourriture dans la ville
- méthanisation pour faire rouler les bus ou alimenter les cuisines.
• Ne pas imposer aux entreprises seulement d’utiliser des matériaux recyclables mais les rendre responsables à l’issue du déchet, s’il est vraiment recyclé ou pas.
• Installer des composteurs par quartier
• Récupérer, réparer, recycler = ressourceries = création d’emploi.
• Avoir des cours d’environnement à l’école.
• Communiquer sur les aides qui existent
• Baisser la TVA sur les les produits des entreprises ISO 14001 car elles forment leurs employés aux bonnes pratiques environnementales et s’engage à respecter l’environnement.
• Défiscalisation des revenus des grandes fortunes qui investissent dans des projets sociaux et environnementaux (association, etc … pour palier aux subventions publiques).
• Zéro déchet = obligation des entreprises à ne pas produire d’emballages = bonus pour non pollueurs.
• Changer de vision dur les déchets : ils sont souvent des ressources ! Surtout ceux des entreprises qui pourrait être échangés, réutiliser par d’autres acteurs économiques. Pour faciliter cela il est nécessaire de sortit du statut du déchet. Faciliter la sortie du statut de certains déchets non dangereux et facilement échangeable entre entreprises.
• Il serait intéressant de distribuer un « kit » pour achat en vrac afin d’inciter à la pratique.
• Interdire les vides ordures.
• Recevoir de l’argent contre l’apport de déchets
• Arrêter de produire des déchets et mettre en place des systèmes de compost dans les centre ville.
• Retour à la consigne.
• TVA circulaire (fondation 2019) : avantager les entreprises qui font des efforts en terme d’écoconception.

P.-S.

Prochain rendez-vous : le 8 mars à 18h30 - Espace V. Hugo à La Chapelle Saint Luc pour un débat consacré à la démocratie et la citoyenneté.