L’incinérateur : Les faits, nos objections

345 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Les faits

Pour faire face à la fermeture des centres d’enfouissement de Montreuil/Barse et de Saint-Aubin, le Conseil Départemental envisage la construction d’un incinérateur dans l’agglomération troyenne (La Chapelle Saint Luc). Ce projet est destiné à brûler 60 000 tonnes d’ordures ménagères issues du département (165 tonnes d’ordures par jour).

Nos objections

- Ecologiques : Le dimensionnement de cet incinérateur ne prend pas en compte la baisse de la quantité d’Ordures Ménagères, observée partout en France, et les résultats obtenus par des milliers de collectivités françaises engagés dans une politique de réduction des déchets. Ainsi, là où notre département table sur 220kg/an/hab d’OMR en 2026 pour justifier la capacité de 60 000 tonnes, la région de Besançon a déjà atteint les 154kg/an/hab. Notre retard en matière de tri est donc considérable. Immanquablement, nous le rattraperons, ce qui rend ce projet inutile.
- Environnementales  : Cet incinérateur est un facteur de risque important. A moins de 1 500 mètres de 10 écoles de La Chapelle, au cœur d’une agglomération de 130 000 habitants, il laissera s’échapper des centaines de molécules chimiques. De nombreux experts scientifiques nous mettent en garde sur « l’effet cocktail » et l’exposition à long des populations à ces polluants nombreux et aux effets mal connus.
- Économiques  : le coût de ce projet (plus de 60 millions d’euros) sera supporté par les contribuables à travers une augmentation inévitable de la fiscalité. Le surdimensionnement manifeste nous placera également face à un dilemme insoluble :
- Ou poursuivre la réduction des déchets : ce qui ferait perdre toute rentabilité à l’incinérateur (le déficit pour l’exploitant serait alors à la charge des contribuables) ;
- Ou stopper les politiques de tri et de recyclage pour alimenter l’incinérateur : ce qui ferait perdre aux collectivités locales des millions d’euros.

Inutile, coûteux et potentiellement dangereux, ce projet mérite d’être totalement remis à plat au regard des progrès considérables qui ont été faits ces dernières années en matière de réduction des déchets, mais aussi au regard de sa durée de vie (40 à 50 ans). Toutes les options doivent être sérieusement envisagées de la manière la plus transparente et démocratique.