Une politique "zéro déchet" par le SDEDA... mais avec un gros incinérateur à nourrir.

3 | 530 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

Revue de PresseDéchetsCommuniqués
2019-11-28-polzerodechet.pdf

Notre réaction

Comment ne pas s’étonner et souligner le paradoxe entre l’organisation de ce colloque par le SDEDA et la construction actuelle de l’incinérateur ? Au delà de cela, il est assez sur-réaliste de ne lire dans cet article aucune mention, aucune évocation des outils les plus efficaces pour réduire les déchets : collecte des biodéchets et tarification incitative.
Ces "oublis" sont d’autant plus étonnant que chacun mesure aujourd’hui leur efficacité. Besançon que nous citons souvent, mais aussi dans l’Aube, le territoire d’Orient ont fait la preuve qu’on pouvait réduire de 30 à 40% le poids des OMR [1] lorsque la volonté politique est clairement exprimée. Là bas, le ratio de production d’OMR est respectivement de 149 kg/hab et 170 kg/hab contre plus de 250 kg/hab en moyenne dans l’Aube.
Chacun peut facilement comprendre que le rôle du SDEDA devrait être, en terme de politique "Zéro déchet" de porter ces bonnes pratiques, de les diffuser partout dans le département, d’en soutenir la mise en place.
Force est de constater que le SDEDA ne le fait pas. Pourquoi ?

Sans doute, parce que notre Syndicat Départemental est prisonnier de ses mauvais choix. Comment, en effet, pouvoir développer ces outils efficaces quand il faut nourrir un monstre (l’incinérateur) de 60 000 tonnes d’OMR ? L’arbitrage entre ces deux éléments est intenable et nécessiterait une bonne dose de schizophrénie pour le résoudre.

Sans doute également parce que c’est la raison d’être du SDEDA qui s’en trouverait remise en cause par ces politiques de réduction des déchets. Car réduire les déchets c’est faire perdre au SDEDA sa raison d’être : l’élimination.

Notes

[1Ordures Ménagères Résiduelles