Comment faciliter les déplacements durables dans l’agglomération troyenne ? Retour sur la conférence-débat

389 lecteurs | (actualisé le ) par Le bureau - Aube Durable

ÉditorialCommuniqués

Une salle bien garnie (70 personnes environ), composée d’élus, de citoyens engagés dans le monde associatif et de candidats, a pu découvrir 4 engagements en faveur des mobilités douces et en particulier du vélo ; 4 engagements proposés aux candidats aux élections municipales par Aube-Durable.

Pascal Houplon, président de l’Association, a d’abord exposé les raisons, sur fond d’urgence climatique, qui nécessitent de soutenir les déplacements durables dans notre agglomération. Appuyée sur des données locales (cf diaporama ci-desssous), cette "mise en bouche" aura permis de constater que l’automobile était, dans notre agglomération, le premier responsable du réchauffement climatique (38 % des émissions de GES) et de la dégradation de la qualité de l’air (64 % des émissions de Nox). Au total, les conséquences de ces pollutions représentent pour le territoire de TCM, chaque année, un coût de 246 millions d’euros !. De quoi, évidemment, justifier l’urgence d’agir.

Faut-il prioriser les aménagements cyclables ?

Partout en France le même constat est fait : plus vous aménagez la ville pour le vélo, plus la part des vélos en ville augmente. C’est fort de cette évidence que Françoise Delplanque a rappelé le contenu de la loi LAURE qui (théoriquement) doit permettre lors de chaque réaménagement de voirie, de mettre en place des pistes ou bandes cyclables.
Pistes sécurisés, bi ou unidirectionnelles, bandes cyclables, zones 30, zones de rencontre… l’ancienne élus écologiste a ensuite déroulé les différents aménagements possibles pour rendre plus facile la pratique du vélo en ville.
La conclusion est sans appel : là où des villes comme Utrecht, Anvers ou Copenhague affiche 30 à 50% de déplacements à vélo, Troyes plafonne laborieusement à 3%... . C’est dire si la volonté politique, dans ce domaine en particulier, reste déterminante.
Le débat qui s’en est suivi a été l’occasion, actualité oblige, de revenir sur le tout récent « palmarès vélo » réalisé par la FUB et qui a vu la note de la ville de Troyes reculer. Sans noircir le tableau plus que nécessaire, ce palmarès et les échanges ont montré l’attente très forte des habitants en terme d’aménagements cyclables.

Peut-on développer le stationnement sécurisé ?

Deuxième proposition de cette soirée, l’aménagement et la généralisation en ville de stationnements pour les vélos autour d’un principe simple : une place de stationnement voiture transformée en un stationnement pour les vélos (permettant le stationnement de 8 à 10 vélos). Comme l’a rappelé Laëtitia Santilli, les cyclistes en ville le savent bien : le vol de vélo et l’absence ou la rareté de places représentent un vrai obstacle à une utilisation sereine de ce moyen de transport. Il s’agit donc d’une mesure très simple, peu coûteuse qui, en outre, permettrait de sécuriser les passages-piétons en dégageant la visibilité de ces derniers.

A quoi peuvent servir les « cédez-le-passage cyclistes » aux feux ?

Troisième mesure, pour le moins sujet à discussion : le "cédez-le-passage cycliste". Depuis quelques années déjà, les municipalités peuvent installer, aux feux tricolores, un panneau à destination des cyclistes les autorisant, si le trafic le permet, de franchir le feu (même au rouge). La vidéo du CEREMA permet de comprendre les gains en matière de sécurité et de fluidité que permet cette mesure.

Comment mettre en place des parkings-relais ?

Rappelant le projet d’un parking souterrain devant le théâtre de Champagne, Pascal Houplon a présenté une alternative à cet ouvrage : la mise en place de parkings-relais en périphérie de l’agglomération. Cette proposition aurait plusieurs avantages : un coût très largement inférieur à un parking souterrain ; une offre concrète pour réduire la circulation automobile en ville ; un soutien au développement des transports en commun…

Les retours d’expérience présentés (A Besançon, Valence ou La Rochelle) ont été, ensuite, l’occasion de lister les conditions pour que ces parkings-relais fonctionnent : visibilité, proximité des axes de transport, accès aux transports en commun, prix attractifs…
Pour conclure, le focus a été mis sur le parking de l’Hôpital de Troyes, lieu idoine pour, selon Aube-Durable, expérimenter (avec une cinquantaines de places) l’efficacité d’un tel dispositif.

Au final, cette soirée et ces 4 propositions auront été l’occasion de monter la diversité des approches possibles en terme de déplacements durables. Les candidats disposent en effet de tout un panel de mesures qui, avec un peu de volonté, permettraient sans le moindre doute d’engager notre agglomération vers l’essor de nouvelles mobilités.

Le diaporama de la soirée

copie_de_debats_deplacements_durables.pdf