Les incinérateurs ne font pas disparaître tous les déchets. Loin s’en faut. Les résidus solides de l’incinération, les mâchefers, représentent entre 1/4 et 1/3 du tonnage incinérés [1].

L’un des gros points noirs de l’incinération réside dans le traitement de ces résidus, parfois extrêmement toxiques. Autrefois utilisés dans les travaux publics, ces produits ne trouvent plus aujourd’hui de débouchés. La situation est si préoccupante qu’elle donne lieu à des trafics illégaux dont l’un vient d’être démantelé en Île de France.

Notre association alerte tous les responsables locaux sur les risques que représenteraient ces mâchefers si le projet d’incinérateur voyait le jour. Car non seulement les débouchés n’existent plus, mais il faut aussi craindre que demain, faute de pouvoir écouler ces produits, leur stockage alourdisse considérablement la facture de l’incinération. En effet, le coût d’enfouissement de ces déchets est compris entre 50 et 70 € /tonne, soit ici près d’un million d’euros de dépenses supplémentaires (dans la meilleure hypothèse) chaque année. L’équilibre économique déjà très précaire de ce projet risque d’être fortement compromis.

[1Dans le projet aubois, ce seront environ 15 à 20 000 tonnes par an